Annie GIRARDOT, actrice française
(1931-2011)

Biographie

Née à Paris, le 25 octobre 1931. Sa mère est présidente des sages-femmes de France. Son frère, Jean, est de cinq ans son aîné. Après une enfance passée à Caen, elle prépare un diplôme d'infirmière à Paris. Mais, se découvrant une vocation pour la comédie, elle se met à fréquenter le Centre Dramatique de la rue Blanche. Son professeur est Jean Meyer. En 1954 au Conservatoire : double premier prix de comédie, classique et moderne, que celle-ci remporte pour avoir interprété une scène de " La locandiera," de Carlo Goldoni. Elle entre à la Comédie Française. Pendant deux années elle interprète le répertoire. Débuts au cinéma dans TREIZE A TABLE, en 1955. Elle obtient l'année suivante le " Prix Suzanne Bianchetti ", pour L'HOMME AUX CLÉS D'OR, aux côtés de Pierre Fresnay. Accaparée par le cinéma, elle quitte la Comédie Française. En 1958, aux côtés de Jean Marais, elle joue " Deux sur une Balançoire ", de William Gibson, au Théâtre des Ambassadeurs. En 1960, c'est " L'idiote ", de Marcel Achard, avec Jean-Pierre Cassel, au Théâtre Antoine. Elle est l'interprète d'Arthur Miller, dans " Après la chute ", en 1965, au Gymnase, avec Michel Auclair et d'une comédie musicale de Renato Rascel, " Le Jour de la Tortue", aux côtés de Philippe Nicaud, au Théâtre Marigny. 1963,  rencontre avec l'univers si particulier des films de Marco, Ferreri, avec LE MARI DE LA FEMME A BARBE- avec d'une pilosité particulièrement développée, elle s'y exhibe comme " femme-singe ", aux côtés d'Ugo Tognazzi. En 1965, Annie Girardot a obtenu le Prix de la meilleure interprète féminine au Festival de Venise pour son rôle dans TROIS CHAMBRES A MANHATTAN.

Depuis 1962, Annie Girardot mène parallèlement une double carrière cinématographique, en France et en Italie où elle tourne plusieurs films avec Marco Ferreri. En Yougoslavie, elle est l'interprète de IL PLEUT SUR MON VILLAGE, un film écrit et réalisé par Petrovic (l'auteur de J'AI MÊME RENCONTRÉ DES TZIGANES HEUREUX). En 1968, Annie Girardot remporte le Prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de Mar del Plata, pour sa création dans VIVRE POUR VIVRE, de Claude Lelouch, aux côtés d'Yves Montand.
Outre son activité au studio, elle poursuit également une carrière théâtrale ("L'Idiote", "Deux sur une balançoire", "Seule dans le noir", etc.). À la Scala de Milan, elle est la récitante de "Perséphone", l'opéra de Stravinsky, tiré de l'œuvre d'André Gide. Seule en scène pendant deux heures, elle fut récemment encore "Madame Marguerite", dans une adaptation de Jean-loup Dabadie. Sa personnalité et sa vivacité d'esprit lui permettent d'incarner les personnages les plus variés et d'aborder tous les registres.
De son mariage avec le comédien Renato Salvatori, elle a une fille, Giulia, née le 5 juillet 1962.

À l’aube des années quatre-vingts, Annie Girardot demeure toujours l’actrice française la plus populaire. Selon son habitude, elle alterne les genres, passant d’une comédie à un film policier puis à un drame sentimental, en interprétant des personnages souvent profondément ancrés dans la réalité sociale tels que médecin, professeur, chauffeur de taxi, avocat ou tout simplement femme au foyer. «Je crois que je suis la seule en France à avoir joué des rôles qui pouvaient aider les femmes. J’ai joué des rôles plus forts, des rôles d’homme» (in «La Revue du Cinéma» n° 472, Juin 1991). Jamais négatifs ou résignés, les personnages qu’elle incarne sont en perpétuel combat contre les injustices et les préjugés, comme l’avocate d’UNE ROBE NOIRE POUR UN TUEUR et son attaque virulente contre la peine de mort.
Mais à la suite de quelques échecs publics consécutifs, dont le méconnu LA VIE CONTINUE, où elle donne la réplique à sa propre fille Giulia Salvatori, les producteurs se détournent subitement d’elle et les projets, comme «Ticket d’acier» écrit par Bertrand Blier pour Patrick Dewaere, Gérard Depardieu et elle, n’aboutissent pas. De surcroît, son spectacle au Casino de Paris «Revue et corrigée», en 1982, s’avère un échec cuisant, laissant la comédienne moralement meurtrie. Mais Annie Girardot représente une figure familière dont le cinéma français semble ne pouvoir se passer et, en 1984, les propositions affluent de nouveau. Une nouvelle Girardot, plus sereine et libérée des fluctuations du box-office, entame une nouvelle carrière dominée par les rôles de mères : vengeresse (LISTE NOIRE), jalousement possessive de son fils unique (PARTIR REVENIR, CINQ JOURS EN JUIN) ou simplement attendrie et bienveillante face à une progéniture turbulente et envahissante (MERCI LA VIE, TOUJOURS SEULS). Les cinéastes n’hésitent plus à lui confier des personnages peu sympathiques, comme la taularde féroce et délatrice de PRISONNIÈRES et «Le Fléau», insupportable mégère et compagne grossière de Paul Léautaud dans COMÉDIE D’AMOUR. Claude Lelouch, qui lui voue une fidélité à toute épreuve, l’engage avec régularité. L’Italie, sa seconde patrie, la sollicite également tant au cinéma qu’à la télévision, mais les films qu’elle y tourne demeurent à ce jour inédits en France.
Sa popularité l’amène tout naturellement à travailler pour la télévision et les populaires séries estivales «Le vent des moissons» et «Orages d’été» la confrontent aux réalités rurales et aux déboires sentimentaux dont le grand public raffole. Elle tourne également pour le petit écran dans «Un métier de seigneur», «Le front dans les nuages», aux côtés de Danielle Darrieux, «Les merisiers» et «Un pull par-dessus l’autre».
Toujours présente au théâtre, elle joue «Marguerite et les autres» (1983), spectacle composé de textes de Jean Cocteau, Jean-loup Dabadie, Pierre Étaix, Michel Audiard et Félix Leclerc, «L’avare» de Molière, dans une mise en scène de Roger Planchon (1986), avec Michel Serrault, «Première jeunesse» de Christian Giudicelli (1987), avec Odette Joyeux, «Le roi se meurt» d’Eugène Ionesco (1988), «Heldenplatz» de Thomas Bernhard (1991), «La famille écarlate» de Jean-loup Dabadie (1992) et «Les chutes du Zambèze» de Daniel Soulier (1995), etc…
En complément de ces multiples activités, Annie Girardot est l’auteur de deux recueils de souvenirs «Vivre d’aimer» et «Ma vie contre la tienne», dédié à sa mère.

Filmographie

1955 TREIZE A TABLE (André Hunebelle).
1956 REPRODUCTION INTERDITE (Gilles Grangier) L'HOMME AUX CLÉS D'OR (Léo Joannon).
1957 LE ROUGE EST MIS (Gilles Grangier) - L'AMOUR EST EN JEU ou MA FEMME MON GOSSE ET MOI (Marc Allégret) - LE DÉSERT DE PIGALLE (Léo Joannon) - MAIGRET TEND UN PIÈGE (Jean Delannoy).
1959 LA CORDE RAIDE (Jean-Charles Dudrumet) RECOURS EN GRÂCE (Laszlo Benedek).
1960 LA FRANÇAISE ET L'AMOUR (" Le Divorce " Christian-Jaque) - LA PROIE POUR L'OMBRE (Alexandre Astruc) ROCCO ET SES FRÈRES (Luchino Visconti).
1961 LE RENDEZ-VOUS (Jean Delannoy) - LE CRIME NE PAIE PAS (" L'Affaire Fenayrou " - Gérard Oury) - LE BATEAU D'ÉMILE (Denys de la Patellière) - LES AMOURS CÉLÈBRES (" Les Comédiennes " - Michel Boisrond)
1962 SMOG (Franco Rossi) - LE VICE ET LA VERTU (Roger Vadim).
1963 FUORILEGGE DEL MATRIMONIO (Valentino Orsini, Vittorio et Paolo Taviani) - LE MARI DE LA FEMME A BARBE (Marco Ferreri) - L'AUTRE FEMME (François Villiers).
1964 UN MONSIEUR DE COMPAGNIE (Philippe de Broca) LA BONNE SOUPE (Robert Thomas) -LES CAMARADES (I Compagni Mario, Monicelli) - LE BELLE FAMILLE (Ugo Gregoretti) -IL GIORNO PIU CORTO (Sergio Corbucci) - POURQUOI PARIS ? (Denys de la Patellière).
1965 GUERRE SECRÈTE (Christian-Jaque) - L'OR DU DUC (Jacques Baratier) - DÉCLIC ET DES CLAQUES (Philippe Clair) TROIS CHAMBRES A MANHATTAN (Marcel Carné) - UNA VOGLIA DA MORIRE (Duccio iessari) - LA RAGAZZA INPRESTITO (Alfredo Giannetti).1967 VIVRE POUR VIVRE (Claude Lelouch) - LES SORCIÈRES (sketch : "La Sorcière brûlée vive", Luchino Visconti).
1968 LES GAULOISES BLEUES (Michel Cournot) - LES ANARCHISTES ou LA BANDE A BONNOT (Phi1ippe Fourastié) - DISONS, UN SOIR À DÎNER (Metti, una Sera a Cena, Ciuseppe Patroni Griff) - DILLINGER EST MORT (Dillinger e morto, Marco Ferreri).
1969 EROTISSIMO (Gérard Pirès) - UN HOMME QUI ME PLAÎT (Claude Lelouch) - LE VOLEUR DE CRIMES (Nadine Trintignant) - IL SEME DEL L'UOMO (Marco Ferreri) - IL PLEUT SUR MON VILLAGE (Bice Skoro propast sveta, Aleksandar Petrovic).
1970 ELLE BOIT PAS, ELLE FUME PAS, ELLE DRAGUE PAS... MAIS ELLE CAUSE (Michel Audiard) - LES NOVICES (Guy Casaril) - STORY OF A WOMAN (Leonardo Bercovici) - CLAIR DE TERRE (Guy Gilles).
1971 MOURIR D'AIMER (André Cayatte). A
1972 LA MANDARINE (Édouard Molinaro) - LES FEUX DE LA CHANDELEUR (Serge Korber) - LA VIEILLE FILLE (Jean-Pierre Blanc) - ELLE CAUSE PLUS... ELLE FLINGUE (Michel Audiard).
1973 TRAITEMENT DE CHOC (Alain Jessua) - IL N' Y A PAS DE FUMÉE SANS FEU (André Cayatte).
1974 JULIETTE ET JULIETTE (Remo Forlani) - URSULE ET GRELU (Serge Korber) - LA GIFLE (Claude Pinoteau) - LE SOUPÇON (IFrancesco Maselli).
1975 IL FAUT VIVRE DANGEREUSEMENT (Claude Makowski) - LE GITAN (José Giovanni) - IL PLEUT SUR SANTIAGO (Helvio Soto).
1976 Dr FRANÇOISE GAILLAND (Jean-Louis Bertacelli - D'AMOUR ET D'EAU FRAÎCHE (Jean-Pierre Blanc) - COURS APRÈS MOIS QUE JE T'ATTRAPE (Robert Pouret).
1977 À CHACUN SON ENFER (André Cayatte) - JAMBON D'ARDENNE (Benolt Lamy) - LE DERNIER BAISER (Dolorès Grassian) - LE POINT DE MIRE (Jean-Claude Tramont).
1978 TENDRE POULET (Philippe de Brocca) - LA ZIZANIE (Claude Zidi) - VAS-YMAMAN (Nicole de Buron) - L'AMOUR EN QUESTION (André Cayatte) - LA CLÉ SUR LA PORTE (Yves Boisset).
1979 LE CAVALEUR (Philippe de Broca) - CAUSE TOUJOURS, TU M'INTÉRESSES (Édouard Molinaro) - BOBO, JACCO (Walter Bal) - LE GRAND EMBOUTEILLAGE (Luigi Comencini).
1980
ON A VOLÉ LA CUISSE DE JUPITER (Philippe de Broca) A - LE CŒUR À L’ENVERS (Frank Apprederis).
1981 UNE ROBE NOIRE POUR UN TUEUR (José Giovanni) - LA VIE EN MAUVE (All Night Long, Jean-Claude Tramont) - LA VIE CONTINUE (Moshe Mizrahi) - LA REVANCHE (Pierre Lary).
1984 SOUVENIRS, SOUVENIRS (Ariel Zeitoun) - LISTE NOIRE (Alain Bonnot).
1985 ADIEU BLAIREAU (Bob Decout) - PARTIR REVENIR (Claude Lelouch).
1988 PRISONNIÈRES (Charlotte Silvera). C
1989 CINQ JOURS EN JUIN (Michel Legrand) - COMÉDIE D’AMOUR (Jean-Pierre Rawson). B
1990 IL Y A DES JOURS ET DES LUNES (Claude Lelouch). D
1991 TOUJOURS SEULS (Gérard Mordillat) - MERCI LA VIE (Bertrand Blier).
1992 FACCIA DI LEPRE (Liliana Ginanneschi).
1993 ALIBI PERFETTO (Aldo Lado) - PORTAGLI I MIEI SALUTI (Gianna Maria Garbelli et Alessandro Bader).
1994 LES BRAQUEUSES (Jean-Paul Salomé).
1995 LES MISÉRABLES (Claude Lelouch)
2000 T'AIME (Patrick Sébastien)