Gérard DEPARDIEU, acteur français
(1948)

Biographie

Acteur français, né le 27 décembre 1948 à Châteauroux, au sein d'une famille de six enfants. A 13 ans, Gérard Depardieu se retrouve en liberté surveillée. A 14 ans, il vend des savonnettes en province, entre-temps il est plagiste, puis fait le tour de l'Europe avant de revenir à Châteauroux travailler dans une imprimerie d'où un camarade l'entraîne à Paris. A 16 ans, il se découvre une passion : le cinéma. Il entre au cours de Jean-Laurent Cochet, qui le fait débuter au théâtre dans " Les garçons de la bande". Il prend contact avec le studio en tournant un court métrage de Roger Leenhardt, LE BEATNIK ET LE MINET puis, avec Agnès Varda, CHRISTMAS CAROL, long métrage qui ne sera jamais terminé.
La télévision à son tour l'accueille : il interprête un feuilleton, " Rendez-vous à Badenberg ", avec Rufus et Romain Bouteille. Dès 1971, il ne va pas cesser de tourner. Michel Audiard, Denys de la Patellière, Claude Bernard-Aubert, Juan Bunuel, José Giovanni font appel à lui. C'est en 1974 qu'il s'imposera définitivement avec LES VALSEUSES de Bertrand Blier, film qui devait lancer également Miou-Miou et Patrick Dewaere.
Un journaliste le peint ainsi : "Un air d'enfance, des épaules de malabar, l'étoile bleue tatouée sur l'avant-bras, le nez planté comme une apostrophe au travers du visage, les yeux dorés, à la fois hésitants et impétueux. Pas beau certes. Différent. Une force de la nature. Un charme à la Mitchum. "

De 1976 à 1996, Gérard Depardieu a participé neuf fois à la course au César du meilleur acteur pour ses rôles dans SEPT MORTS SUR ORDONNANCE, LA DERNIERE FEMME, DITES-LUI QUE JE L'AIME, LE SUCRE, LE DERNIER METRO, DANTON, LES COMPÊRES, FORT SAGANNE ET POLICE. C'est le record absolu, toutes catégories, des nominations aux Césars 1981 avec LE DERNIER MÉTRO, Depardieu également a été élu meilleur acteur de l'année 1993 par l'Association des critiques new-yorkais pour son rôle dans LE RETOUR DE MARTIN GUERRE. Il a " fait la couverture " du magazine américain Time avec ce titre : "Une nouvelle vague à lui tout seul". Pour clore, momentanément sans doute, le chapitre des trophées, Depardieu a obtenu en septembre 1985 au Festival de Venise, le prix d'interprétation pour son rôle de l'inspecteur Mangin dans POLICE.
Comédien numéro un du cinéma français, Gérard Depardieu n'en demeure pas moins lucide et exigeant : "Jamais je n'aurais la prétention de dire que j'ai bien joué un rôle ou que c'était comme ça qu'il fallait le jouer. Je ne pense pas être vaniteux. (...) Dans la cinquantaine de films que j'ai faits, je n'étais pas toujours bon, j'étais parfois trop abondant, ou maladroit, mais sûrement généreux. (...) Après chaque aventure, j'ai toujours envie d'autre chose, d'attaquer de nouveau. " (Première, N°86)
Sa carrière sur les planches, commencée en 1968/69, avec " Boudu sauvé des eaux ", poursuivie dans les années 70, le plus souvent sous la direction de Claude Régy et avec des pièces, entre autres, de Nathalie Sarraute ou Peter Handke, le conduisit naturellement à diriger lui-même la version cinématographique du TARTUFFE mis en scène au théâtre par Jacques Lassalle.
" Interprète inspiré, il entre dans les films et les pièces avec la volonté de se donner complètement et le désir de rendre le spectateur attentif, compréhensif, intelligent. Il offre de quoi rire ou pleurer mais aussi de quoi réfléchir et participer. Sa faculté d'invention permanente fait de lui une valeur inégalée dans notre cinéma. "(Robert Chazal, " Gérard Depardieu l'autodidacte inspiré ", Ed. Hatier 1992.) " Gérard Depardieu n'est pas un intellectuel au sens traditionnel mais quand il parle d'un personnage, d'une situation, d'un film, sa précision est éblouissante. Cocteau disait : "La poésie c'est la précision". Ainsi pour G. Depardieu, la comédie c'est la poésie. C'est cela qui en fait le plus grand de sa génération. " (François Truffaut).

“L’homme aux mille visages”, c’est à la fin des années quatre-vingt le résumé le plus sûr pour évoquer Gérard Depardieu, de l’âpreté insolite de DRÔLE D’ENDROIT POUR UNE RENCONTRE, premier long métrage de François Dupeyron, à la fable cynique tirée par Claude Berri d’ “Uranus” de Marcel Aymé, où son interprétation du cafetier Léopold a été à juste titre apparentée aux “monstres sacrés” du cinéma français d’avant-guerre, tels Raimu, Berry ou Michel Simon. Entre-temps, Depardieu aura incarné un Rodin convaincant dans CAMILLE CLAUDEL, et retrouvé des réalisateurs familiers : Zidi, Resnais et surtout Blier. Le garagiste adultère de TROP BELLE POUR TOI, qui trompe Carole Bouquet avec Josiane Balasko, constitue l’une de ses créations les plus marquantes, savant équilibre entre vulnérabilité et puissance. Mais c’est le rôle de CYRANO DE BERGERAC, dans l’immense succès de Jean-Paul Rappeneau, qui lui apporte une nouvelle consécration : inspiré et lyrique, touchant et charismatique dans les bottes du héros au long nez, Depardieu obtient le Prix d’interprétation à Cannes, le César du meilleur acteur et même une nomination à l’Oscar, chose rarissime pour un rôle non anglophone.
Ce triomphe marque le début d’une double carrière, entre la France et les États-Unis, que symbolisent les deux versions, l’original français et son remake hollywoodien, de MON PÈRE CE HÉROS. Outre-Atlantique, Depardieu touche à la comédie romantique (GREEN CARD), à la reconstitution historique opulente (1492, CHRISTOPHE COLOMB) et au conte pour enfants (BOGUS). En France, il est de presque toutes les productions d’importance – adaptations de prestige (rôle principal dans GERMINAL et LE COLONEL CHABERT, participation au HUSSARD SUR LE TOIT) ou films-événements (TOUS LES MATINS DU MONDE, ÉLISA). Cette diversité le préserve de la tentation facile de “faire du Depardieu”, sa prestation dans LE GARÇU de Maurice Pialat le prouvant avec éclat. En double du cinéaste, il passe avec aisance de la vulnérabilité de père blessé au cynisme du mari trompé. L’âge venant, il est d’ailleurs de plus en plus fréquemment amené à jouer des rôles de père en crise, le “héros” de Marie Gillain chez Lauzier, sur le mode comique, ou celui, alcoolique, de Vanessa Paradis dans un registre plus grave (ÉLISA).
Figure incontournable du cinéma français, président du Festival de Cannes en 1992, il confirme sa popularité au box-office en s’associant en 1995 au tandem Poiré-Clavier pour LES ANGES GARDIENS. À côté du Depardieu “institutionnalisé”, comme le furent en leur temps Gabin ou Belmondo, il s’attache à poursuivre des explorations cinématographiques plus risquées, en se mettant au service de Godard, pour lequel il interprète pas moins que l’incarnation de Dieu; en abordant le genre fantastique, inusité par le cinéma français, pour LA MACHINE de Dupeyron, et en intensifiant ses activités de co-production et de distribution, assurant la promotion de Satyajit Ray et surtout de John Cassavetes, à qui il voue une profonde admiration. Il participe d’ailleurs, en camionneur canadien, au premier film du fils de Cassavetes, Nick, aux côtés de Gena Rowlands, en 1996.
Mais cette activité frénétique et l’ampleur de ses succès ne l’empêchent pas de considérer ce milieu avec extrême recul : il préfère incontestablement se présenter comme viticulteur, sa seconde passion…

Filmographie

1965 LE BEATNICK ET LE MINET (court-métrage, Roger Leenhardt).
1971 LE CRI DU CORMORAN LE SOIR AU-DESSUS DES JONQUES (Michel Audiard) - UN PEU DE SOLEIL DANS L'EAU FROIDE (Jacques Deray).
1972 LE VIAGER (Pierre Tchernia) - LE TUEUR (Denys de La Patellière) LA SCOUMOUNE (José Giovanni).
1973 L'AN 01 (Jacques Doillon) - AU RENDEZ-VOUS DE LA MORT JOYEUSE (Juan Bunuel) - L'AFFAIRE DOMINICI (Claude Bernard-Aubert) - NATHALIE GRANGER (Marguerite Duras) - DEUX HOMMES DANS LA VILLE (José Giovanni) - RUDE JOURNEE POUR LA REINE (René Allio).
1974 LES GASPARDS (Pierre Tchernia) - LES VALSEUSES (Bertrand Blier) - LA FEMME DU GANGE (Marguerite Duras) - STAVISKY... (Alain Resnais) - VINCENT, FRANÇOIS, PAUL ET LES AUTRES (Claude Sautet).
1975 PAS SI MÉCHANT QUE ÇA (Claude Goretta) - SEPT MORTS SUR ORDONNANCE (Jacques Rouffio).
1976 MAITRESSE (Barbet Schroeder) - JE T'AIME MOI NON PLUS (Serge Gainsbourg) - LA DERNIÈRE FEMME (Marco Ferreri) - 1900 (Novecento, Bernardo Bertolucci) - BAROCCO (André Téchiné).
1977 RENÉ LA CANNE (Francis Girod) - LE CAMION (Marguerite Duras) - BAXTER, VERA BAXTER (M. Duras) - DITES-LUI QUE JE L'AIME (Claude Miller) - LA NUIT TOUS LES CHATS SONT GRIS (Gérard Zingg).
1978 PRÉPAREZ VOS MOUCHOIRS (Bertrand Blier) - R VE DE SINGE (Marco Ferreri) - LE SUCRE (Jacques Rouffio) - LES CHIENS (Alain Jessua).
VIOLANTA (Daniel Schmid) - LA FEMME GAUCHÈRE (Die Linkshandige Frau, Peter Handke).
1979 LE GRAND EMBOUTEILLAGE (L'Ingorgo, Luigi Comencini) - ROSY LA BOURRASQUE (Temporale Rosy, Mario Monicelli) -BUFFET FROID(Bertrand Blier).
1980 MON ONCLE D'AMERIQUE (Alain Resnais) - LOULOU (Maurice Pialat) -LE DERNIER MÉTRO (François Truffaut) - INSPECTEUR LA BAVURE (Claude Zidi) - JE VOUS AIME (Claude Berri).
1981 LE CHOIX DES ARMES (Alain Corneau) - LA FEMME D'A-COTE (François Truffaut) - LA CHÈVRE (Francis Veber).
1982 LE RETOUR DE MARTIN GUERRE (Daniel Vigne) - LE GRAND FRÈRE (Francis Girod).
1983 DANTON (Andrzej Wajda) - LA LUNE DANS LE CANIVEAU (Jean-Jacques Beineix) - LES COMPÈRES (Francis Veber).
1984 FORT SAGANNE (Alain Corneau) -LE TARTUFFE (Gérard Depardieu) -RIVE DROITE, RIVE GAUCHE (Philippe Labro).
1985 POLICE (Maurice Pialat) - UNE FEMME OU DEUX (Daniel Vigne).
1986 JEAN DE FLORETTE (Claude Berri) - RUE DU DÉPART (Tony Gatlif) TENUE DE SOIRÉE (Bertrand Blier) - LES FUGITIFS (Francis Veber), JE HAIS LES ACTEURS (Gérard Krawczyk).
1987 SOUS LE SOLEIL DE SATAN (Maurice Pialat).
1988 DRÔLE D’ENDROIT POUR UNE RENCONTRE (François Dupeyron) - CAMILLE CLAUDEL (Bruno Nuytten) A.
1989 DEUX (Claude Zidi) - TROP BELLE POUR TOI (Bertrand Blier) - I WANT TO GO HOME (Alain Resnais).
1990 CYRANO DE BERGERAC (Jean-Paul Rappeneau) B - URANUS (Claude Berri) - GREEN CARD (id., Peter Weir).
1991 MERCI LA VIE (Bertrand Blier) - MON PÈRE CE HÉROS (Gérard Lauzier) - TOUS LES MATINS DU MONDE (Alain Corneau).
1992 1492, CHRISTOPHE COLOMB (1492 : Conquest of Paradise, Ridley Scott).
1993 HÉLAS POUR MOI (Jean-Luc Godard) - GERMINAL (Claude Berri).
1994 UNE PURE FORMALITÉ (Una pura formalita, Giuseppe Tornatore) - MY FATHER CE HÉROS (My Father the Hero, Steve Miner) - LE COLONEL CHABERT (Yves Angelo) C - LA MACHINE (François Dupeyron).
1995 ÉLISA (Jean Becker) - LES CENT ET UNE NUITS (Agnès Varda) - LE HUSSARD SUR LE TOIT (Jean-Paul Rappeneau) - LES ANGES GARDIENS (Jean-Marie Poiré) - LE GARÇU (Maurice Pialat) D.
1996 DÉCROCHE LES ÉTOILES (Unhook the Stars, Nick Cassavetes) - BOGUS (id., Norman Jewison) - LE PLUS BEAU MÉTIER DU MONDE (Gérard Lauzier) - THE SECRET AGENT (Christopher Hampton) - HAMLET (id., Kenneth Branagh).
1997 XXL ()
1998 L’HOMME AU MASQUE DE FER ()
1999 ASTERIX ET OBELIX CONTRE CESAR () UN PONT ENTRE DEUX RIVES ()